lundi, février 9, 2026

Air Icon --°C
Weather Icon Loading...
Clock Icon --:--

Aseggas Amaynou 2976 : Yennayer, l’ancien calendrier qui compte le temps à la manière amazighe

Aseggwas Calendars

Marquant une étape civilisationnelle qui s’étend sur près de trois millénaires, Yennayer 2976 perdure non seulement comme folklore mais comme une réaffirmation vibrante du cœur indigène du Maroc et une célébration de la fertilité éternelle de la terre.MARRAKECH – Avec l’arrivée de la mi-janvier, les rues de la « Ville Ocre » et les sommets escarpés du massif de l’Atlas résonnent de la salutation, « Aseggas Amaynou. » Cela marque l’aube de Yennayer, le premier mois du calendrier amazigh (berbère), inaugurant l’année 2976. Au Maroc, cette date n’est plus un acte tranquille de résistance domestique ; c’est un jour férié national reconnu qui honore un patrimoine remontant à 950 avant notre ère.

La Chronologie de la Résilience

Le calendrier amazigh représente un calcul unique du temps, retraçant son origine mythique jusqu’à l’ascension du roi Sheshonq I sur le trône de l’Égypte Pharaonique. Bien que le récit mélange mythe et histoire—créant une fière histoire de triomphe ancien—la vérité symbolique est indéniable. Yennayer sert d’accusation puissante contre l’« amnésie imposée », prouvant que l’âme amazighe demeure le socle fondateur de l’identité nord-africaine.

Selon le compte amazigh, l’année 2026 de notre ère correspond à 2976, une lignée officialisée par le chercheur Ammar Negadi pour honorer la longévité d’une civilisation qui a résisté à des siècles de marginalisation.

Agriculture et les Rituels de la Terre

Fondamentalement, Yennayer est un Nouvel An pour les agriculteurs—un « seuil du cycle agricole » connu dans les communautés rurales sous le nom de ras l-‘am al-filāḥī. Après près de sept années consécutives de champs desséchés et de sécheresse, les célébrations de cette année sont empreintes d’un sens renouvelé de baraka (bénédiction).

Les familles à travers le Royaume s’engagent dans le rituel d’azegzaw asgas (verdir l’année), où les femmes rassemblent des herbes fraîches et des feuilles de palmier pour insuffler un esprit verdoyant dans la maison. Ces gestes sont plus que de la superstition ; ils sont une prière rythmée pour la fertilité de la terre et l’équilibre entre l’humanité et le monde des esprits.

Un Répertoire Culinaire de Prospérité

L’élément central d’Id Yennayer est le repas communautaire, un rituel conçu pour symboliquement bannir la famine. Dans les oasis du sud-est, l’air est saturé du parfum de « sebaa khodhar »—le légendaire couscous aux sept légumes. Dans les régions du Souss et de l’Atlas, la dorée Tagoula (bouillie d’orge) occupe une place de choix, arrosée d’oudi (beurre ancien) et d’huile d’argan.

Autour de la table, la recherche ludique de l’amnaz (la graine chanceuse) commence. Un seul noyau de datte est caché dans le plat collectif ; la personne qui le trouve est censée être particulièrement bénie, symboliquement « investie des clés du grenier familial » pour le cycle à venir. Cela garantit que personne ne connaît la faim au début de la nouvelle année, tissant un message d’abondance à travers chaque bouchée.

De la Marginalisation à la Fierté Nationale

Pendant des décennies, Yennayer a été exploité comme un simple folklore ou supprimé au nom de l’uniformité politique. Cependant, les réformes constitutionnelles de 2011 et le décret royal historique de mai 2023 ont fondamentalement modifié le paysage. Aujourd’hui, les sons des danses ahwach et les mélodies ancestrales des luths et des rebabs se font entendre dans les places publiques, célébrés par des Marocains de tous horizons.

Cette reconnaissance officielle est une correction essentielle à des décennies d’effacement. Elle réaffirme que l’identité marocaine n’est pas un bloc monolithique mais une riche convergence d’éléments arabes, islamiques et juifs sur une fondation amazighe.Alors que les feux de la communauté sont allumés à travers la Médina de Marrakech et les villages reculés du Rif, Yennayer 2976 se dresse comme un témoignage de la survie culturelle. C’est un moment pour résoudre les conflits, rétablir l’harmonie sociale, et regarder vers un avenir où la diversité est embrassée comme la plus grande richesse du Royaume.

Aseggas Amaynou!

Share.

Editors Picks
In Spotlight

Marrakech est une ville animée et belle qui a plus à offrir que de très belles vues et des souks animés. C’est aussi un paradis pour les gourmets. Le week-end, cette ville s’illumine avec des lieux de brunch superbes. Si vous cherchez mon brunch Marrakech ou si vous vous demandez

Marrakech est un lieu qui rayonne de couleurs vives, souvent imprégnées de senteurs d’épices et de nostalgie romantique. C’est un endroit formidable à visiter pour les jeunes mariés ! Et cela peut être, oh, le début parfait vers un beau voyage de mariage, pour les personnes mariées au milieu des

Marrakech est un véritable paradis pour les amateurs de gastronomie, offrant une gamme de saveurs vibrantes et de street food marocaine authentique. Des grills fumants aux tagines aromatiques, les marchés animés et les stands de nourriture de la ville offrent un festin pour les sens. Si vous vous demandez quoi

Related Posts